Selon les estimations, plus de 2 800 réfugiés et migrants ont perdu la vie en mer l’année dernière alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Italie depuis la Libye, à bord d’embarcations surpeuplées et impropres à la navigation en mer. Ce chiffre était en baisse par rapport aux plus de 4 500 morts enregistrées en 2016. Plus de 119 000 personnes ont survécu à la traversée et ont pu rejoindre l’Italie, contre 181 000 arrivées décomptées en 2016. En mai, le magazine italien L’Espresso a publié de nouvelles informations concernant un naufrage qui était survenu le 11 octobre 2013 en Méditerranée centrale, dans la zone maltaise de recherche et de sauvetage. Plus de 260 personnes, dont environ 60 enfants, y avaient trouvé la mort. Il s’agissait pour la plupart de réfugiés syriens. D’après des enregistrements téléphoniques obtenus par le magazine, malgré les demandes répétées des autorités maltaises avant que le bateau sur lequel se trouvaient les réfugiés ne chavire, la marine et les gardes-côtes italiens étaient peu disposés à déployer le navire de guerre italien Libra, le plus proche de l’embarcation en détresse. En novembre, un juge romain a ordonné l’inculpation de deux hauts responsables, l’un de la marine et l’autre des gardes-côtes italiens, ainsi que la réalisation d’une enquête complémentaire sur la conduite de la capitaine du Libra. Les charges retenues contre quatre autres représentants de la marine et gardes-côtes ont été abandonnées. L’affaire était toujours en cours à la fin de l’année. Le gouvernement n’avait toujours pas adopté les décrets nécessaires pour supprimer de sa législation l’infraction d’« entrée et séjour illégaux », alors que le Parlement le lui avait demandé en avril 2014.